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Un missionnaire incarcéré en Turquie exhorte les chrétiens à se préparer

Par Art Moore

Andrew Brunson, le pasteur américain accusé à tort de terrorisme et d’espionnage par le régime turc a fait un récit franc de son calvaire dans un entretien vidéo avec WND, confiant que sa première année de prison l’avait “dévasté”, au point qu’il perdit le goût de vivre.

“Au milieu de ma faiblesse et de mon brisement, j’ai dû apprendre à me tenir debout”, a-t-il déclaré.

De retour aux États-Unis après vingt-cinq ans passés en Turquie, il a constaté une montée spectaculaire de l’hostilité à l’égard des chrétiens, qui semble ne faire que s’accroître. Et il avertit les disciples américains de Jésus qu’ils ne sont peut-être pas aussi bien préparés qu’ils le pensent à affronter la persécution.

“La persécution peut vous rendre plus fort”, a-t-il déclaré à WND dans l’entretien intégré à la fin de cet article. “Mais elle peut aussi vous assommer.”

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (Wikimedia Commons)

M. Brunson, ordonné dans la confession de l’Église évangélique presbytérienne, était pasteur de l’Église de la résurrection d’Izmir, près de la mer Égée, lorsque le régime intransigeant du président Recep Tayyip Erdogan l’a pris pour cible à la suite du coup d’État manqué de 2016. Après avoir formulé des accusations sans preuves, la Turquie a exigé que Washington remette, en échange de M. Brunson, un religieux musulman turc en exil vivant aux États-Unis et accusé d’avoir organisé le coup d’État. En plus d’obtenir des concessions, le régime voulait clairement utiliser le cas de M. Brunson, selon le pasteur, pour intimider les chrétiens étrangers et turcs.

“Le message est que si nous pouvons faire cela à un Américain, nous pouvons le faire à n’importe qui”, a-t-il déclaré.

M. Brunson a déclaré qu’il n’avait aucune idée de la date à laquelle son emprisonnement prendrait fin jusqu’au jour de sa libération, craignant parfois de passer le reste de sa vie en prison. Les procureurs turcs, au cours de ce que les autorités américaines ont décrit comme un procès spectacle, faisaient pression pour qu’il fût condamné à trois peines de prison à vie, purgées en cellule d’isolement sans possibilité de libération conditionnelle. Il a été reconnu coupable de terrorisme le 12 octobre 2018 et, en l’espace de 24 heures, il s’est retrouvé devant les caméras de télévision à la Maison Blanche avec le président des États-Unis.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo et le vice-président Mike Pence ont été directement impliqués dans sa libération, a-t-il dit, mais c’est le leadership du président Trump et son “implication robuste” qui ont fait la différence.

‘Une crise avec Dieu’

“Si l’administration (Trump) n’avait pas pris les mesures qu’elle a prises, je pense que je serais probablement encore en Turquie, en prison”, a déclaré M. Brunson.

Lors de son incarcération initiale, en octobre 2016, il a été placé en cellule d’isolement. Puis, lorsqu’il a été placé dans le système pénitentiaire, il faisait partie des 22 personnes confinées 24 heures sur 24 dans une cellule construite pour huit.

Il écrit dans son livre God’s Hostage :

“Être enfermé derrière une grande porte métallique dans un pays étranger, entendre les clés tourner et le verrou claquer pour la première fois donne à réfléchir. C’est une perte soudaine de contrôle et un plongeon dans l’incertitude.”

Son corps s’est effondré sous l’effet du stress, a-t-il expliqué à WND, puis est survenue “une crise spirituelle – une crise avec Dieu”.

“Je m’attendais, en lisant des biographies, en lisant d’autres histoires et en me fondant sur mon expérience personnelle de Dieu dans le passé, à éprouver un réel sentiment de force et de joie, ainsi qu’un sentiment de la présence de Dieu”,

a-t-il déclaré.

“Et j’ai été surpris quand je ne l’ai pas éprouvé… J’ai fait l’expérience de ce que j’appelle le silence de Dieu à ce moment-là.”

La première année a été une période de “rupture physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle”.

M. Brunson s’est dit surpris de la difficulté de son épreuve, avouant qu’à de nombreux moments, il était suicidaire.

La deuxième année, dit-il, “au milieu de ma faiblesse et de mon brisement, j’ai dû apprendre à me tenir debout.”

Un sentiment d’urgence

À travers un regard neuf, il a observé à son retour dans son pays natal une augmentation dramatique de l’hostilité envers les chrétiens qui, selon lui, ne fera que s’accroître.

“J’ai un sentiment d’urgence dans mon cœur depuis mon retour, à propos des États-Unis”, a-t-il déclaré. “Je pense que ce que j’ai vécu, c’est en partie pour pouvoir encourager d’autres personnes qui vont aussi être confrontées à des défis, à des difficultés et à des pressions à cause de leur foi.”

M. Brunson a déclaré qu’il y avait deux “questions litigieuses” qui, selon lui, susciteraient la persécution. L’une est “l’exclusivité de Jésus et du salut” et l’autre est le commandement de Jésus demandant l’obéissance concernant les questions très contestées de morale sexuelle, de l’identité de genre, du mariage, de la famille et de la justice biblique.

Dieu n’est ni républicain ni démocrate, a déclaré M. Brunson, mais il a un “camp” sur ces questions cruciales.

“Je dois m’assurer que je me mets de son côté”, a dit M. Brunson.

“Et si je dis que je dois m’aligner sur la vérité de Dieu, alors beaucoup de gens vont réagir à cela”, a-t-il dit. “Ceux qui sont des disciples fidèles de Jésus vont être qualifiés de menace, de danger : ‘Vous me faites me sentir mal à l’aise. Vous me faites me sentir en danger.'”

Les disciples de Jésus au milieu de cette culture, a-t-il dit, sont confrontés à la marginalisation, à l'”annulation” [culture de l’annulation [1]] et dans certains cas à la perte d’un emploi.

Et il a parlé de la tentation qu’ont les pasteurs d’éviter les sujets brûlants de peur de diviser leurs assemblées.

Il y a encore beaucoup de pression à venir, croit-il. Et, fort de son expérience, il conseille que toute préparation soit axée sur la “préparation du cœur” et la formation de relations étroites avec des personnes partageant les mêmes idées.

Il a mis en garde contre une “bravade” à l’égard de la persécution, à laquelle il était autrefois enclin. Et contre une “confiance mal placée” dans l’espoir d’un renversement politique, aussi important soit-il pour “ménager un espace de liberté afin que d’autres institutions, les croyants, les chrétiens, puissent s’épanouir”.

“Le politique est très important”, a-t-il dit. “Mais chaque institution de notre culture est sous la direction de personnes hostiles à notre foi.”

Le “prêtre terroriste”

M. Brunson a tourné une série de vidéos en huit parties sur les leçons qu’il a apprises en prison, intitulée “Prepared to Stand”, disponible sur le site web du Family Research Council.

La série se termine par une conversation avec son épouse Norine, qui a été emprisonnée au même moment et libérée après deux semaines.

M. Brunson parle avec émotion de l’impact profond de son épouse sur lui, elle qui a choisi – contre l’avis de certains conseillers respectés – de rester en Turquie et de lui rendre visite chaque jour en prison. Pendant ce temps, la télévision turque et d’autres médias présentaient régulièrement son mari comme un agent de la CIA qui fomentait une insurrection, “le prêtre espion, le prêtre sombre, le prêtre agent, le prêtre terroriste”.

M. Brunson a déclaré à WND qu’il avait une image de Norine dans son esprit, alors qu’elle bravait la honte dont il était l’objet et l’intimidation de la prison – les gardes armés de mitraillettes, le fil de barbelé et la sécurité assurée par des équipements de haute technologie.

Mais elle venait à la prison avec l’état d’esprit suivant : “Je suis une fille du roi, et je suis ici pour voir un fils du roi.” Et elle levait haut la tête et entrait dans la prison avec cette mentalité”, a déclaré M. Brunson.

“J’aime cette image d’elle, dans mon esprit. C’est une femme très courageuse.”

Selon lui, Norine a parfois joué le rôle de pasteur, s’occupant de lui dans ses moments de profond désespoir.

“Je suis confus, j’ai des questions, je n’ai personne qui puisse répondre à mes doutes”, a-t-il dit. “Elle venait et m’apportait la vérité. Elle me parlait de la vérité, me donnait des encouragements qui me permettraient de surmonter l’épreuve jusqu’à la prochaine visite.”

Elle dut quelquefois être ferme.

“Elle m’a dit une chose à un moment donné – j’étais très faible – et elle m’a dit : ‘Andrew, tu dois juste retourner dans ta cellule et répéter ceci : ‘Andrew, en Christ, choisis la vie.'”

Voir l’interview de WND avec le pasteur Andrew Brunson :

Pastor Andrew Brunson tells WND: I wasn’t ready for persecution

Source : https://www.wnd.com/…/pastor-andrew-brunson-tells-wnd…/

Article original en anglais publié le 17 juin 2022.

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