Complot contre la vitamine D

La député des Hautes-Alpes Dominique Estrosi Sassone nous a appris le 11 janvier dernier  via Twitter que le gouvernement comptait inclure la vitamine D3 (cholecalciferol) dans un projet d’arrêté fixant la liste des substances présentant des propriétés de perturbations endocriniennes. Cette proposition s’inscrit dans la mise en application d’un des décrets de la loi AGEC qui prévoit la mise à disposition d’informations aux consommateurs permettant d’identifier ces perturbateurs dans les compléments alimentaires. 

La député a interrogé le Ministre de la Santé  sur le bien-fondé de l’inclusion de la vitamine D3 dans cette liste, vitamine reconnue d’utilité publique par le corps médical. 

Le vitamine de l’immunité 

Le cholecalciferol qu’on prescrit actuellement à la population de tous âges, en plus de servir pour la fixation du calcium dans les os est utile aux fonctions métaboliques essentielles comme l’immunité.

La vitamine D a une action sur le système immunitaire inné : elle stimule les macrophages et les cellules dendritiques, les « soldats de première ligne » du système immunitaire. Notre organisme réagit ainsi rapidement en cas d’agression.

Elle stimule également le système immunitaire adaptatif : elle augmente le nombre de lymphocytes Th2, conduisant ainsi à un effet anti-inflammatoire.

Elle augmente les mécanismes d’élimination des pathogènes, tels que la synthèse d’agents antimicrobiens par les cellules immunitaires.

Enfin, la vitamine D a été très étudiée dans le cadre de la prévention des infections pulmonaires aiguës. Il apparaît que la supplémentation en vitamine D3 réduit le risque de contracter au moins une fois une infection des voies respiratoires. D’ailleurs le rôle bénéfique de la vitamine D3  sur la prévention de l’infection par le SARS-CoV-2 et des formes graves a été suggéré par de nombreuses publications scientifiques. 

La D3 contre de multiples pathologies

D’après les travaux du Prof. Michael F. Holick, référence mondiale sur la vitamine D, le maintien d’un taux sanguin de vitamine D à 50ng/mL permet de prévenir et de réduire un grand nombre de pathologies (Réduction en pourcentage) :

Rachitisme : 100%
Ostéomalacie : 100%
Diabète de Type 1 : 80%
Maladies vasculaires périphériques : 80%
Cancer du colon : 67%
Cancer du rein : 67%
Cancer du sein : 50%
Diabète de Type 2 : 50%
Fractures : 50%
Sclérose en plaque : 50%
Crise cardiaque chez l’homme : 50%
Cancer de l’endomètre : 35%
Lymphome Non-Hodgkinien : 30%
Cancer des ovaires : 25%

A prescrire plus qu’à proscrire 

Révolue l’époque de l’huile de foie de morue ? Environ 80% des Français présenteraient une concentration inférieure à 75 nmol/L, et seraient donc en déficit de vitamine D. L’Académie de médecine préconise un apport journalier de 800 à 1000 UI. Cette donnée est issue d’un rappel de ses recommandations paru en mai 2020 et lié à la pandémie de Covid 19. D’après  la littérature scientifique, la vitamine D n’est toxique que lorsque les doses apportées sont excessives soit de l’ordre de 50 000 UI/jour, et ce sur une période de plusieurs mois.

Huiles essentielles, chloroquine, ivermectine… et maintenant vitamine D3, la liste ne cesse de s’allonger. Au delà de cette interdiction, c’est l’interdiction de prendre soin de notre santé qui semble être clairement projetée. 

Par Stéphanie Roy

Diplômée d'une école de journalisme, Stéphanie a un faible pour les questions de santé et de société.